L’Huile miracle TEA-TREE

L’Huile miracle TEA-TREE

Les problèmes d’infection et d’antibiotiques qui ne résistent plus font souvent les
manchettes ces temps-ci…
L’huile miracle tea-tree ou melaleuca alternifolia est connue depuis longtemps pour ses
vertus. Extraite de l’arbre à thé, elle est utilisée par les aborigènes depuis des millénaires
pour ses nombreuses vertus antiseptiques et thérapeutiques.
Un produit miracle de la nature…

L’huile Miracle
Sélection, Reader’s Digest, Octobre 2001
par JONATHAN MARGOLIS
Une manne – Depuis quelques années, plus de 200 millions d’arbres à thé ont été plantés en
Australie
Je n’ai jamais été très attiré par les remèdes « naturels », jusqu’au jour où
aucun traitement classique ne s’étant montré efficace, une méchante
brûlure à la main s’est infectée. Un ami m’a conseillé d’essayer une crème
à base d’huile de tea-tree : cet antiseptique naturel est extrait des feuilles
d’un arbre australien et utilisé depuis de milliers d’années par les
aborigènes. Mes réserves sont très vite tombées : l’onguent jaune a
aussitôt calmé la douleur et, au bout de deux jours, l’infection avait
régressé

Quelques mois plus tard, mon fils est atteint d’une sérieuse poussé d’acné
juvénile.
Le médecin lui prescrit un nouveau médicament, précisant qu’il est
efficace mais risque de provoquer des troubles dépressifs. David refuse de
le prendre et essaie à son tour l’huile essentielle de tea-tree, après avoir
découvert sur un site Internet ses vertus anti-acnémiques.
Une fois de plus, le résultat est stupéfiant: au bout d’un mois, les boutons
ont disparu!

Puis, il y a quelque temps, ma fille de 10 ans rentre à la maison infestée de
poux. Le shampooing traitant s’étant révélé inefficace, un voisin australien
nous suggère d’essayer l’essence de tea-tree. Ma femme frictionne la tête
de la petite et, quelques minutes plus tard, un cri de victoire retentit dans la
salle de bains: « Génial! Ils sont tous morts !

Je n’en reviens pas. Quelle est donc cette substance capable d’exterminer
aussi bien des bactéries que des parasites? Ses étonnantes propriétés
n’ont-elles jamais fait l’objet d’une vérification scientifique?

Au fil de mon enquête, je découvre que « l’arbre de thé » plus
rigoureusement désigné sous le nom de Mélaleuque à feuilles alternes
(Melaleuca alternifolia), est le plus puissant des antiseptiques naturels.

Ses partisans ne jurent que par lui pour soulager des maux aussi divers
que boutons de fièvre, irritations du cuir chevelu, mauvaise haleine, plaque
dentaire, odeurs corporelles, infections vaginales, sécheresse cutanée,
douleurs musculaires, mycoses des ongles, transpiration des pieds, mal de
gorge et érythème fessier.

L’huile de tea-tree est également utilisée comme insectifuge, dentifrice et
shampooing de toilettage pour chiens. Mais c’est surtout un désinfectant,
et il pourrait bientôt se révéler souverain contre le staphylocoque doré, «
super bactérie » nosocomiale résistant aux antibiotiques qui fait des
victimes dans les hôpitaux du monde entier.

Attention toutefois: cette huile essentielle très toxique est réservée à
l’usage externe. Dans les produits tels que les sirops contre les maux de
gorge, elle est fortement diluée.

EN AUSTRALIE, l’huile de tea-tree occupe une place de choix dans la
médecine populaire aborigène comme dans la culture blanche. Avant
même que les scientifiques ne songent à étudier ses propriétés en
laboratoire, elle jouissait d’une telle réputation que, pendant la Seconde
Guerre mondiale, les soldats australiens en conservaient toujours dans

leur trousse de secours pour se prémunir des piqûres d’insectes et des
infections.
Puis les antibiotiques modernes l’ont peu à peu détrôné. Mais, tandis que
l’on s’inquiète de la surconsommation d’antibiotiques, et surtout de
l’apparition de germes gui leur sont résistants, l’essence de tea-tree
connaît un regain de popularité.

Moins chère que les molécules de synthèse des laboratoires
pharmaceutiques, elle est en vente libre et, excepté de rares réactions
allergiques, on ne lui connaît aucun effet secondaire indésirable. Pourt nt
les scientifiques commencent tout juste à s’y intéresser sérieusement.

Quelle est donc cette substance capable d’exterminer aussi bien bactéries
que parasites?
Une équipe du département de microbiologie do l’université d ‘Australie-
occidentale, a Perth, se consacré ainsi à l’étude du tea-tree.
« Il y a encore quelques années, » confie le D`Christine Carson, « Melaleuca
alternafolia n’était absolument pas mentionné dans les revues médicales
et scientifiques. Ce qui explique le scepticisme des médecins. Mais nous
avons depuis lors rehaussé de nombreuses expériences en laboratoire et
obtenu des résultats spectaculaires en tests in vitro. C’est un anti-
infectieux à large spectre, ce qui signifie qu’il peut détruire n’importe quel
type de microbes – bactérie, virus ou champignon ».

Comment se fait-il que l’huile essentielle de tea-tree puisse s’attaquer à un
aussi large éventail d’agents infectieux? « Nous pensons qu’elle agit de la
même façon sur tous ces micro-organismes, en contaminant l’intégrité de
leur membrane, ce qui les empêche purement et simplement de
fonctionner », explique Christine Carson.

Comment expliquer alors, malgré ses vertus, le peu d’intérêt scientifique
que suscite cette substance au-delà des frontières australiennes? Par le
manque de crédits. Les laboratoires pharmaceutiques dépensent des
millions pour leurs essais cliniques, puis déposent un brevet sur les
molécules éprouvées, s’assurant ainsi le monopole de la substance, qui
leur rapportera de gros bénéfices pendant une vingtaine d’années.

Or il est impossible de faire breveter une huile essentielle utilisée depuis de
millénaires, à moins qu’elle n’entre dans la composition d’un produit
original et nouveau.

Pour savoir comment ce vénérable remède est produit aujourd’hui, j’airendu visite à Christopher Dean, qui a repris la plantation d’arbres à thé de ses parents. La propriété familiale est située à quelque 800 kilomètres au
nord de Sydney, en zone humide subtropicale.

« Les feuilles sont d’un vert extraordinaire », s’émerveille mon hôte. « Elles
dégagent une énergie spéciale. Quand on se promène entre les arbres, on
sent flotter une légère odeur, mais on ne découvre vraiment son parfum
frais et capiteux qu’en cassant une feuille : camphré, il rappelle celui de
l’eucalyptus, mais avec un soupçon de muscade ».

Une fois extraite de la feuille, l’huile est recueillie dans des cuves d’acier
isolées par une couche d’azote pour la protéger de tout contact avec l’air
ou la lumière. Dans ces conditions, elle peut se conserver pendant 10 ans.
Christopher précise qu’elle risque de perdre de son efficacité si elle n’est
pas vendue en magasin dans des contenants de verre opaque, entreposée
à l’abri de la lumière à la maison et utilisée rapidement une fois ouverte.

Pour les descendants des hommes qui ont découvert ses propriétés, le
succès de l’arbreà thé est une manne. Depuis quelques années, plus de
200 millions de mélaleuques a feuilles alternes ont été plantés dans la
Nouvelle Galles du Sud, et certaines de ces plantations sont gérées, par et
pour des communautés aborigènes.

Ce repeuplement a par ailleurs eu des retombées écologiques sur la
région: la culture de l’arbre a thé a rétabli les conditions climatiques
tropicales qui régnaient avant l’avènement de l’agriculture, attirant ainsi
plusieurs espèces animales, de la chauve-souris a l’opossum, en passant
par les serpents et toutes sortes d’oiseaux, dont le perroquet et le
rarissime flûtiste balancé, au cri perçant si caractéristique.

« Pendant plus d’un siècle, les fermiers de la région se sont évertués à se
débarrasser des arbres à thé qui poussaient à l’état sauvage », regrette
Christopher Dean. « Ils les ont arrachés. Il y avait certes un marché pour
l’huile de tea-tree, mais la présence des arbres les empêchait de cultiver
des produits qui leurs semblaient à l’époque vraiment modernes et
lucratifs, comme le soja ou la canne à sucre. La tendance s’est inversée. «

Gilles Gauthier
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